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  • Gabriel Iriarte Rico - La Máquina de leer
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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 16:20
Quiero creer en lo que se proyecta.
Quiero creer en las tardes buscando sombra, en las tardes sin tiempo de pensar en el tiempo.
Y mientras quiero creer, creo.

Y confío tontamente en que la injusticia buscada por manipuladores disfrazados de autonomistas, en el horizonte fracasará, quisiera que fracase hoy.

...Pero, como dices, con calma construimos el amor, amor.

Sueño con contar cuentos mientras nado en una piscina, mientras estudio Control de recursos, y mientras duermo, también sueño, sueño que cuento: 1, 2, 3 cuentos, clásicos, a niños adultos, y me proyecto en mi proyecto, y todo es posible, y las fuerzas parecen sonreir, apoyarnos, pese a la razón que dice que en absoluto será como soñamos, siempre será diferente.

...Pero, como dices, con calma construimos el amor, amor.

Hoy sin embargo, tengo esta tarde con un ópera desconocida pero profunda, una taza de café, un texto de Recursos Humanos inconcluso, un brindis ya de despedida a los 27 que se me van. Un homenaje a mi virgen de Guadalupe, tan anticatólica como la veo. Y tengo tu esperanza dada sin compromiso. y todo eso me basta esta tarde, por ser esta tarde.

Y como dices, con calma construimos el amor, amor.



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Published by Gabriel Iriarte Rico
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Ella 11/11/2008 12:10

De l'amitié por favor
Michel ONFRAY
De l’aristocratie ou les affinités électives

Au sommet des vertus, la moins exposée au futile et la plus insouciante devant les fragilités dues aux caprices, j’installe l’amitié, souveraine, virile et affirmative. Quand l’amour souffre du temps qui passe et se divise en présence des plaisirs qui lui sont extérieurs, elle se solidifie, s’affine et se précise, comme seule entrave possible à l’entropie. À son origine on trouve l’élection qui, toutefois, n’est pas pratiquée au hasard, à la légère. La connaissance n’est pas sans relation avec une étrange forme de reconnaissance, sensation étonnante de trouver complétude à un manque éprouvé depuis longtemps, mais vécu sereinement parce que dans la certitude d’une rencontre amicale, un jour. Ce désir-là tenaille moins que le désir amoureux, il n’est pas aussi ravageur. Choisir un ami, c’est en quelque sorte être choisi par lui, ce que les premières complicités montrent, comme une autorisation à un engagement dans cette direction. Puis comme une légitimation du bien-fondé de ce trajet vers l’autre.
Élective, l’amitié est aussi aristocratique et asociale. Dans la relation au monde, elle est pourvoyeuse d’une force qui isole du reste de l’humanité. Par elle advient la singularité de chacun, car elle autorise, dans la sculpture de soi, le recours à l’autre comme un miroir qu’on peut interroger sans risque d’obtenir un reflet infidèle. Elle renforce l’intimité contre les obligations sociales et mondaines. En l’éprouvant, on mesure combien rien ne résiste, devant elle, de ce qui fait habituellement le jeu social et le sérieux du monde. La complicité qu’elle génère est un démultiplicateur de force. Elle inscrit sa superbe au-dessus de toutes les obligations qui ne découlent pas d’elle. En tant que telle, elle est la vertu sublime par excellence. Car il ne saurait y avoir de normes qui la dépassent, ou de lois qui la contiennent.
Le dessein de l’ami est la contribution à l’élaboration de soi et d’autrui sous la forme accomplie et achevée d’une belle individualité, d’une singularité complète. Dans la seule relation amicale le solipsisme se fait lointain, presque oublié. Là encore, au contraire de la relation amoureuse qui aggrave l’incommunicabilité entre les sujets. L’étymologie signale combien l’ami se définit par la privation de soi, par le renoncement à une partie de soi au profit de l’autre entendu comme ce fragment de nous qui fait maintenant défaut. L’amitié sectionne l’amour-propre pour installer dans la coupure ainsi pratiquée les premières forces qui, se cristallisant, donneront le rhizome essentiel. Ainsi, plus jamais la solitude ne sera comme auparavant. En ses bouffées les plus ardentes, les plus destructrices, la sensation d’être seul disparaît au profit d’une douceur pratiquement acquise et d’une bienveillance toujours disponible — ce qui n’exclut ni la sévérité ni la rigueur, au contraire.
Parce qu’elle est une contradiction flagrante au principe démocratique et égalitaire, elle a déplu fortement à la Révolution française qui a souhaité la codifier. La meilleure façon d’anéantir une force redoutée dans ses effets asociaux, c'est de lui réserver une seule existence sociale. Saint-Just a été le thuriféraire de cette entreprise réductrice. Faut-il rire ou frémir en lisant le projet de l’archange révolutionnaire ? Je ne sais. Quoique je tende à frémir plutôt. D’abord, la république à la mode Saint-Just bannit quiconque déclare ne pas croire à l’amitié, qu’on se le dise. Ensuite, une fête est réservée à cette vertu le premier jour de Ventôse. Tous sacrifient à la divinité. À cette occasion, annuelle donc, chacun est tenu de déclarer, publiquement et avec toute la solennité requise, l’identité et le nom de ses amis. Par ailleurs, si une rupture est constatée entre deux amis, il faut, selon le même principe, en informer les autorités, et le public, auxquels les raisons de cet éloignement seront explicitées. Dans le cas où l’un des deux comparses aurait commis un crime, son alter ego serait banni. Lorsque l’un des deux meurt, le deuil est porté par celui qui survit, bien sûr, mais le défunt ne sera enseveli que dans une tombe creusée par les mains mêmes du plus vivant des deux. À la mort du deuxième larron, le tombeau est ouvert pour que reposent en paix, et pour l’éternité, les deux êtres ainsi retrouvés. Faut-il redouter pareille puissance pour lui imposer de la sorte les formes dans lesquelles elle est censée s’épanouir au mieux !
On peut imaginer que les amateurs de société transparente ont craint l’amitié pour ce qu’elle génère d’opacité entre les deux êtres et le reste de la cité. Car entre eux se solidifie une micro-société dans laquelle tout est commun : destins, passions, projets, passé, craintes, douleurs, peines, jubilations. Et tout organisme indépendant d’un léviathan social semble se nourrir de lui, en parasite, phagocytant la belle unité sociale. Car l’amitié véritable est au-dessus des lois, du droit, de la loi, des instances sociales qu’elles aient nom Famille ou Patrie, État ou Nation. On est ami avant d’être citoyen et, parfois malgré et contre l’état de citoyen. D’où sa radicale fonction atomique et son caractère asocial.
Dans l’Antiquité, elle fut une vertu cardinale, mais s’intégrait dans une civilisation misogyne, régulant les rapports des hommes entre eux, sur le mode de la qualité virile et dans une parfaite symbiose avec les impératifs sociaux. Les Grecs et les Romains ont voulu l’amitié comme une vertu spécifique augmentant l’inscription de l’homme dans la cité, dans la vie active de leur polis et urbs respectifs. Vertu guerrière, d’une virilité spartiate, quand elle n’est pas purement et simplement homosexuelle, elle est héroïque et se fait la modalité idéale de la relation à autrui. Datée, elle est une forme historique de l’intersubjectivité masculine, ce qui réduit d’autant la possibilité d’en démarquer sans réserve les façons pour notre XX° siècle finissant.
Une nouvelle définition de l’amitié, moderne, suppose qu’on prenne en considération les formes sociales contemporaines dans lesquelles elle pourra s’épanouir. Ni Antiquité gréco-latine, ni époque féodale, ni Renaissance facilitant les belles et nouvelles possibilités d’existence, mais triomphe de l’ère industrielle et de l’heureuse égalité théorique avec les femmes : le problème est déplacé sur de nouveaux terrains. L’époque entend les sentiments sur un autre registre que précédemment : les mariages ne sont plus de raison, en principe, mais d’amour ; le travail et la vie familiale cellulaire tiennent la place occupée par feu les microsociétés générées par l’amitié. Elle doit se contenter des portions congrues, du temps laissé par le labeur et la famille. Peut mieux faire…
Car cette souveraine complicité a besoin de temps. Et l’on pourrait reprendre à notre compte la vieille idée en vertu de laquelle il n’existe pas d’amitié, en tant que telle, mais seulement des preuves d’amitié, toutes données dans des instants, des moments, développés sur la longue durée. Jamais acquise absolument, elle est à construire sans cesse par des signes, des indications, des démonstrations. C’est dans cette mesure que l’écoulement des années, en ce qui la concerne, est un facteur d’embellissement. Rarement elle supporte l’éloignement ou l’installation du silence ou le défaut de temps. Elle périt de négligence et d’absence de raison d’être, car elle n’est pas un sentiment éthéré sans relation avec ses conditions d’exercice. La mort, en revanche, arrête la passion dans l’état où elle est : Patrocle et La Boétie seront, de la part d’Achille et de Montaigne, l’objet d’un rare dévouement, d’une fidélité remarquable. L’œuvre entier du philosophe de Bordeaux est un tombeau à la mémoire de l’ombre. Je songe, aujourd’hui, à ce que Deleuze, parlant de Félix Guattari, appelle une écriture à quatre mains pour dire le lien qui les unissait — les unit. La mort de l’ami est un trou dans l’âme, impossible à combler, le même qui se trouve rempli lorsque l’amitié paraît.
En effet, à l’origine de cette vertu noble, on trouve le manque, la même incomplétude que celle dont Aristophane parle dans le Banquet de Platon : défaut de perfection, solitude, angoisse et vide gisant au milieu de soi. Expériences douloureuses du solipsisme, isolement métaphysique, conscience de ses possibilités et savoir de ses limites, toutes ces certitudes malheureuses conduisent à un sentiment de malaise que l’amitié comble. Car elle est partage de cette intraitable mélancolie, tout comme elle est participation aux excès, aux débordements, à tout ce qui menace expansion en soi. En elle se font les équilibres obtenus par une économie des dons et des présents reçus. Elle est besoin de recevoir et jubilation à donner dans l’exacte relation d’échanges affinés et privilégiés : aucune intersubjectivité ne pourrait se prévaloir de l’amitié qui vivrait hors les confidences et la complicité. L’ami est le seul à détenir des secrets, l’unique à savoir l’indicible. Le terme ne se conjugue pas, et je l’imagine mal au pluriel.
L’amitié restaure les équilibres intérieurs, soit en évitant les mouvements excessifs vers le bas, de même pour ceux qui visent le haut : elle conjure les dépressions, au sens physique du terme, tout autant que les pressions trop fortes. En quelque sorte, elle est une science singulière, un art thermodynamique. Les plaisirs et les douleurs qui menaceraient d’abîmer l’âme sont ainsi désamorcés par la partage, la confidence. D’où l’extrême modernité des analyses de François Bacon qui définit l’amitié comme un sentiment apparenté à la confession auriculaire dont elle procède. Pour lui, ne pas avoir d’ami, c’est être un cannibale qui dévore son propre cœur, car l’amitié est l’art d’amoindrir les douleurs et de pulvériser les calculs. En tant que telle, sa nature cathartique est indéniable, elle aide à vivre en installant l’équilibre, la paix intérieure, l’ordre dans une âme où menaçaient le déséquilibre, la guerre avec soi-même et le chaos. Dans le registre hédoniste, l’amitié est principe d’harmonie par lequel, en réalisant le partage des affects, on augmente les joies et l’on diminue les douleurs de l’aimé tout autant que les siennes. L’amoindrissement de la peine engage immédiatement l’augmentation de jouissance.
En d’autres cas, ainsi de l’indécision, de l’interdiction devant des choix ou une alternative, l’amitié est un facteur de clarification. Soit parce que autrui donne lui-même et directement des avis, des conseils, des jugements, soit parce qu’en écoutant, en pratiquant cette confession auriculaire, il permet au sujet indécis qui formule ses problèmes de trouver tout seul une solution. Car formuler, c’est mettre en ordre, construire, produire du sens et avancer vers la résolution. L’oreille amie est l’occasion d’une conceptualisation qui ne se serait pas faite sans elle. En franchissant les limites qui contiennent les enchevêtrements, les parts d’ombre, les dynamiques obscures, le langage est auxiliaire de clarté et de distinction. Le verbe a toujours été contemporain de toute création, il est ce par quoi advient le logos. Le langage est un grand démiurge, l’amitié est son laboratoire. La psychanalyse fera l’usage que l’on sait des vertus cathartiques de la parole après que la confession auriculaire aura été pratiquée, comme on ne l’ignore plus, par plusieurs siècles de christianisme triomphant. Qu’advienne une logique langagière laïque, immanente, hédoniste, rebelle aux codifications et individualiste, l’amitié en fournira le prétexte, les formes et l’occasion. Elle est un cordial. J’aime ce mot qui, par son étymologie, rappelle qu’on peut faciliter le fonctionnement du cœur , rendre moins douloureuses les effusions pathétiques. Elle est un régulateur des passions et se manifeste, comme la politesse, dans un nombre incalculable de faits et gestes, secours et soulagements, intentions et délicatesses. Le condouloir est son principe, la parole son véhicule en tant qu’elle est manifestation de sentiments, de sensations, de désirs, de craintes, mais aussi dans la mesure où elle annonce une pratique, des actes, des effets immanents dans le réel et le quotidien. La parole est métaphorique : elle peut aussi s’entendre comme l’ensemble des signes émis dans la direction d’autrui. Le sourire, le regard, le silence, la présence sont autant de paroles, bien sûr. Et là, peut-être plus qu’ailleurs, s’expriment les quintessences subjectives. Une présence minérale, par exemple, une disponibilité totale dont pourtant nul n’abuse sont les indices d’une amitié qui irradie. J’y vois la possibilité de redéfinir la virilité, loin des scories qui font disparaître jusqu’au sens premier : est viril ce qui manifeste l’essence de l’homme, en tant qu’espèce tendue vers le sublime, visant l’arrachement au terreau naturel dont elle procède. Est viril le geste androphore, qu’on veuille bien me passer le néologisme, j’aime ce mot qui, dans le domaine d’Eros, fait le pendant au psychopompe dans le territoire de Thanatos. Porteur d’homme et de ses douleurs, de ses peines, des charges qui alourdissent sa marche, soutien du fardeau de qui l’on aime, recours permanent : Sisyphe épaulé.
Michel ONFRAY, La sculpture de soi.